Brique

La brique est un parallélépipède rectangle de terre argileuse crue et séché au soleil ou cuite au four, utilisé comme matériau de construction.



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Production respectant les traditions (Afrique du Sud)
Le sol d'une allée en briques

La brique est un parallélépipède rectangle de terre argileuse crue et séché au soleil ou cuite au four, utilisé comme matériau de construction. L'argile est fréquemment mêlée de sable.

On peut distinguer différent types de briques :

La brique pleine peut être laissée apparente ou être employée comme matériau de parement, alors que la brique creuse, qui présente l'avantage d'être plus légère et plus isolante, est le plus souvent enduite.

La ville de Toulouse doit son surnom de «ville rose» à l'utilisation généralisée de la brique apparente dans la majorité des constructions. Le monument de briques le plus remarquable de France est la cathédrale Sainte-Cécile d'Albi (Tarn).

Histoire

La brique émaillée était déjà connue dans la Mésopotamie antique

L'origine de la brique remonterait à 7 000 ans avant J. C. dans la région du Tigre et de l'Euphrate. Son utilisation se généralise au IIIe millénaire comme matériau de construction avec la sédentarisation de l'Homme. L'obligation de se protéger de façon durable des intempéries et des prédateurs impose à l'Homme de trouver un matériau dur et résistant. De plus, la brique est aisément réalisable à partir d'argile ou de terre. Les premières maisons en brique ont été découvertes en Irak puis en Mésopotamie et son usage couvre rapidement dans tout le Moyen-Orient[1].

Pendant longtemps, la brique (appelée «adobe») était moulée puis séchée au soleil. Ainsi, elle permettait de monter des habitations ou des monuments comme la pyramide d'Amenemhat III. Mais elle restait fragile et ne résistait pas aux intempéries. Les hommes découvrent que la brique laissée au soleil devient plus dure et par conséquent plus résistante. La cuisson de la brique est expérimentée 2500 avant J. -C. en Mésopotamie et dans la vallée de l'Indus[2]. La cuisson sert à réaliser des constructions plus importantes. En Assyrie et en Grèce, la cuisson de la brique sert à créer des frises et de réaliser des briques émaillées. Au XVe siècle, le nord de l'Italie devient maitre dans cet art avec la décoration des habitations et des monuments avec des frises, des guirlandes et des festons.

En 1830, Auguste Virebent dépose un brevet d'invention d'un dispositif de presse de brique. C'est le début de l'industrialisation de la brique. Il met au point aussi une invention dénommée «plinthotomie» qui était une machine agissant comme un emporte-pièce pour découper diverses formes sur la glaise fraîche. Cette technique sert à s'affranchir de sculpteur et d'industrialiser sa fabrication[3].

Avec la révolution industrielle, des briqueteries se regroupent et forme de véritables usines. Des fours à charbons permettent de créer des fours plus grands et les grandes cheminées de briques deviennent des éléments caractéristiques de ces briqueteries. Toulouse devient une ville importante de la brique avec d'avantage de 170 briqueteries[4]. Actuellement, les briqueteries ont quasiment disparu. L'après-guerre marque le remplacement de la brique par le béton et l'acier.

Méthode traditionnelle

L'extraction de la terre indispensable à la fabrication de brique était faite à partir de puits rudimentaires, de mines ou de carrières. Avant la mécanisation, les hommes arrachaient l'argile avec fers à plats. Une fois l'argile extraite, un travail de broyage permet d'affiner la matière première. Par la suite, l'ajout d'eau en grande quantité permet d'obtenir une pâte homogène à la plasticité voulue. Le pétrissage, jadis au pied et désormais avec de puissantes machines, permet d'éliminer les derniers cailloux. Cette préparation de l'argile se termine par une phase de pourrissage pendant laquelle la terre glaise se «repose»[5].

Son façonnage se fait grâce à un moule en bois dont les bords et le fond sont ensablés pour que la glaise n'adhère pas. Un morceau de glaise est déposé dans le moule, puis identiqueisé. La surface est identiqueisée et arasée de son excédent avec un archet ou d'une plane humide. Le tout est démoulé et déposé sur une grille pour aller au four. Ce travail manuel forme des briques caractéristiques. Actuellement, ce travail est industrialisé et permet d'obtenir différents tailles de briques idéalement semblables. Un dispositif de coupes automatique produit des briques à partir de boudins de glaise. La brique subit ensuite une série de séchage qui éviteront les fissures et les éclats lors de la cuisson[6].

Méthode moderne

Pile de briques modernes, faites d'argile et de sable.

La fabrication d'une brique moderne passe par les grandes étapes suivantes :

  • Extraction de l'argile rouge et de l'argile verte. On mélange à peu près 10 % d'argile verte avec 90 % d'argile rouge. La terre argileuse, le plus souvent extraite à proximité de la briquetterie, n'a pas le droit de comporter trop de sable.
  • Broyage de la terre pour obtenir la granulométrie désirée
  • Humidification et mélange des divers types de terres ; ajout d'une faible quantité de lignosulfite, résidu de l'industrie du papier, dérivé de la lignine contenue dans les arbres ; le lignosulfite favorise l'extrusion.
  • Extrusion au travers de filières correspondant à une forme donnée de brique
  • Coupage
  • Séchage dans un séchoir à gaz (durée entre 20 h et 50 h)
  • Cuisson à à peu près 900 °C, jusqu'à 30 heures
  • Peut-être rectification (fraisage des bords jointifs pour favoriser le montage).

Typologie

La brique a une forme caractéristique de parallélépipède rectangle. Mais sa forme fluctue suivant son utilisation : plus ou moins épaisse si elle est utilisée dans un mur ou pour une toiture. De plus, la taille de la brique est adaptée à une prise par une seule main, ni trop grosse et ni trop lourde, alors que l'autre main manipule le mortier. Une caractéristique principale est que «la longueur (la panneresse) soit deux fois identique à l'épaisseur (la boutisse), plus un joint»[7]. Selon les régions et les époques, les briques respectant les traditions ont des dimensions variables (sauf indication, les dimensions sont exprimées en cm dans l'ordre suivant : Longueur x largeur x hauteur)  :

  • Brique de Ninive : 25x27x15
  • Brique de Toulouse : 33x25x6
  • Brique de Bourgogne : 22x11x6 (c'est un arrondi dans le dispositif métrique de 8x4x2 pouces)
  • Brique de Paris : 21, 5x11x5, 5 (c'est un arrondi dans le dispositif métrique de 8x4x2 pouces). Selon qu'on considère ou non l'épaisseur du joint, ces dimensions peuvent être 21, 5x10, 3x6, 5 cm
  • Brique Saint-Bernard : 33x16, 26x8, 13 (c'est un arrondi dans le dispositif métrique de 1x1/2x1/4 pieds)
  • Brique de Leers : 22x10, 5x6 (ou 5 et 4).

Une brique d'un mur d'une épaisseur de 38 cm pèse à peu près 20 kg, et peut supporter 200 tonnes.


Propriétés

Les briques creuses à petites alvéoles verticales (monomur), désormais devenues le principal produit des briquetiers français, permettent quand l'épaisseur du mur est suffisante, de se passer de toute isolation supplémentaire sous un climat tempéré Européen. Elles font qui plus est bénéficier les occupants de l'habitation de leur forte inertie thermique (conservation de la fraîcheur en été, de la chaleur en hiver) et des qualités propres à la terre cuite (régulation d'humidité, absence de fibres ou de produits chimiques…). Ainsi qu'à l'encontre de l'idée reçue selon laquelle une brique est fragile, certaines briques modernes sont appropriées pour la construction aux normes anti-sismiques. Des briques de formes variées permettent de construire une maison entièrement en brique tant que les fondations sont coulées : murs, planchers, linteaux, cheminées, cloisons (coupe-feu, coupe-bruit…) etc.

Innovations et évolutions récentes

Route Päwesin-Riewend pavée de briques, dans le Brandebourg, Allemagne

Après s'être trouvé en perte de vitesse sur le marché de la construction, boudée au profit du bloc de béton face auquel la brique souffrait d'une image de matériau du pauvre, la brique retrouve depuis peu ses lettres de noblesse grâce à des innovations récentes. Ainsi, en 15 ans, la brique est passée de 4% à plus de 20% du marché des constructions neuves.

La principale innovation est la brique dite "à joint mince". Ces briques ont des dimensions particulièrement régulières (tolérance de l'ordre du mm) qui permettent de les monter particulièrement aisément. L'assemblage ne se fait plus avec du mortier, mais avec un simple joint d'une colle spéciale.

La brique creuse peut être caractérisée par son effet de résonateur qui sert à diminuer l'influence acoustique si cette dernière est proche de la fréquence de résonance elle-même. C'est-à-dire que le matériau vibre sous une gamme de fréquence acoustique bien définie d'où une perte d'énergie liée à ce mouvement. L'isolation acoustique est d'autant meilleure qu'on se trouve proche de la fréquence de résonance. Pour fabriquer un matériau résonateur, on construit ce dernier avec des caractéristiques géométriques spécifiques. On peut disposer perpendiculairement des cols à des briques pleines ou des briques ayant des cavités. Le principal intérêt de ce dispositif est le réglage assez simple de la fréquence de résonance puisque, pour le cas des briques percées, la fréquence de résonance est directement liée au diamètre ainsi qu'à la profondeur des canaux. De plus, avec un aprécisément correct, on peut balayer une gamme importante de fréquences pour isoler convenablement. En effet le principal problème de ces résonateurs est le spectre sonore réduit pour lequel il est destiné.


Appareils

La polychromie joue quelquefois un rôle esthétique important.
Appareil à la française
Appareil sur champ
Appareil à claire-voie
Appareil en paneresses
Appareil en boutisses
Icône de détail Article détaillé : Appareil (architecture) .

La brique pleine, par la régularité de ses dimensions, se prête à toute une gamme d'appareillages :

  • l'appareil en panneresses n'a qu'une demi brique d'épaisseur, il convient aux cloisons ;
  • l'appareil à la française, constitué de lits de briques semblables deux à deux, un lit de boutisses et un lit de panneresses ;
  • l'appareil à l'anglaise, les lits sont constitués d'une alternance de boutisses et de panneresses ;
  • l'appareil des moines, les lits sont constitués d'une alternance d'une boutisse et de deux panneresses ;
  • etc.

Economie

Le métier de la fabrication de briques reste beaucoup local (compte tenu de son poids, le transport de la brique sur longue distance n'est pas rentable) et fréquemment artisanal.

Le leader mondial de la fabrication de briques est la société autrichienne Wienerberger, qui possèdait en 2008 200 sites de production dans 26 pays[8].

Galerie d'illustrations

Notes et références

  1. Sandrine Banessy et Jean-Jacques Germain, La brique, l'or rouge du Midi Toulousain, Tourisme Médias Éditions, juin 2004, (ISBN 2-915188-04-1) , p. 12-13
  2. Sandrine Banessy et Jean-Jacques Germain, La brique, l'or rouge du Midi Toulousain, p. 53
  3. La briqueterie de Virebent, Mairie de Launaguet. Consulté le 30/09/2007
  4. Sandrine Banessy et Jean-Jacques Germain, La brique, l'or rouge du Midi Toulousain, p. 63
  5. Sandrine Banessy et Jean-Jacques Germain, La brique, l'or rouge du Midi Toulousain, p. 48-50
  6. Sandrine Banessy et Jean-Jacques Germain, La brique, l'or rouge du Midi Toulousain, p. 52
  7. Sandrine Banessy et Jean-Jacques Germain, La brique, l'or rouge du Midi Toulousain, p. 51
  8. Les Echos, 13 novembre 2008, page 21

Briquetterie d'Allone près de Beauvais

Voir aussi

Bibliographie

- James W. CAMPBELL & Will PRYCE, "L'art et l'histoire de la brique. Bâtiments privés et publics du monde entier", Paris : Citadelles & Mazenod, 2004. (ISBN 2-85088-208-9)

- Sandrine BENASSY & Jean-Jacques GERMAIN, La Brique, L'or rouge du Midi toulousain, Toulouse : Tourisme Médias Editions, 2004 (ISBN 2-915188-04-1)

- Pierre CHABAT, "La brique et la terre cuite", Paris, 1886.

- Andrew PLUMRIDGE & Wim MEULENKAMP, "Brickwork. Architecture and Design", Londres : Seven Dials, 2000. (ISBN 1-84188-039-6)

- M. KORNMANN & CTTB, "Matériaux de construction en terre cuite, fabrication et propriétés", Paris : Septima, 2007. (ISBN 2-904845-32-1)

- Philippe ARAGUAS, "Brique et architecture dans l'Espagne médiévale" (Bibliothèque de la Casa de Velazquez, 2), Madrid, 2003.

- Thomas COOMANS & Harry VAN ROYEN (ed. ), "Medieval Brick Architecture in Flanders and Northern Europe" (Novii Monasterii 7), Ten Duinen, Koksijde, 2008.

- Série : "Studien zur Backsteinarchitektur", ed. E. BADSTÜBNER & D. SCHUMANN, 7 vol., Berlin, depuis 1997.

- Série : "Berliner Beiträge zur Bauforschung und Denkmalpflege", ed. J. CRAMER & D. SACK, 5 vol., Petersberg, depuis 2004.


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